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"Le Renard et le Buste"

 

 Jean de la Fontaine

 

 

 

 « Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre ;

Leur apparence impose au vulgaire idolâtre.

L'âne n'en sait juger que par ce qu'il en voit.

Le renard au contraire à fond les examine,

Les tourne en tout sens; et quand il s'aperçoit

Que leur fait n'est qu'une bonne mine,

Il leur applique un mot qu'un buste de héros

Lui fit dire fort à propos.

C'était un buste creux, et plus grand que nature.

Le renard, en louant l'effort de la sculpture :

" Belle tête, dit-il, mais de cervelles point."

Combien de grands seigneurs sont bustes en ce point ! »

 

 

 

 

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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 21:47

Par Fédération des Rayons de Soleil de l'Enfance - Publié dans : Blog à part
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 19:39

Préservons une conception humaniste des soins psychiques

 

Publié 31 décembre 2005

 

 

 

Psychologues, pédopsychiatres, pédiatres, professionnels de santé de l’enfance, préservons une conception humaniste des soins psychiques aux enfants et à leur famille.

 

Depuis plusieurs mois, nous assistons à ce qu’il faut bien définir comme une tentative de mainmise sécuritaire sur les soins préventifs aux jeunes enfants, en particulier dans leur dimension psychique. C’est tout d’abord le syndicat des commissaires de police qui propose de dépister dès la crèche les « enfants présentant un comportement prédicteur de délinquance ». Puis le député Benisti, qui dans un rapport parlementaire sur la prévention de la délinquance s’en prend à « l’instabilité émotionnelle » du tout petit, définie en particulier par la « non maîtrise de notre langue » et censée « engendrer cette violence (...) et venir alimenter les faits de délinquance ». Enfin, last but not least, une expertise collective de l’INSERM, en septembre 2005, tente d’apporter une caution scientifique à cette nouvelle pathologie déferlante chez nos tout-petits, le trouble des conduites : pour en établir la réalité, sont notamment appelées à la rescousse des notions telles « l’héritabilité du trouble des conduites » ou le lien avec « l’existence d’une personnalité anti sociale chez les parents ».

 

Il flotte sur tous ces écrits une empreinte indélébile de causalité univoque, un bon vieux parfum de déterminisme génétique et social qui, en d’autres temps, a pu conduire à des réponses radicalement eugéniques.

 

De nos jours, la conclusion est formulée en d’autres termes : on en appelle aux professionnels de première ligne dans les maternités, les centres de PMI, les crèches, l’école pour traquer le symptôme, grâce à un dépistage précoce, voire pré-précoce si possible, de ces facteurs de risques « prénataux et périnataux, génétiques, de tempérament et de personnalité, environnementaux », listés tels un inventaire à la Prévert (la poésie en moins) ; puis on portera assistance à ces présumés délinquants en herbe à l’aide de thérapies essentiellement comportementalistes, les plus rétifs étant promis à la réponse pharmacologique. Caricature ? Voire, si on se réfère à l’expérience d’outre-atlantique - plus de vingt millions d’enfants hyperactifs y seraient traités par Ritaline - où l’on privilégie le « rabotage des comportements », selon l’expression de Bernard Golse.

 

Le propos n’est pas de prendre position contre telle ou telle approche diagnostique ou thérapeutique adaptée à tel cas clinique. Il est d’affirmer que nous n’acceptons pas de regarder chaque enfant, chaque famille exposés à des difficultés de la vie comme immanquablement guettés par la dérive vers la délinquance ou tout autre comportement « déviant ». Il est de redire que nous revendiquons une approche humaniste des soins qui s’appuie sur la singularité du développement de l’être humain. Nous ne confondons pas les difficultés des personnes avec les dysfonctionnements de la société, nous savons aussi à quel point la précarité sociale et économique des familles, les difficultés d’accès au travail, au logement, à la protection sociale peuvent avoir des effets sur leur santé physique et mentale.

 

Bien sûr nous nous trouvons confrontés sur le terrain à des enfants, des familles qui présentent des difficultés d’ordre psychologique, pour certaines sévères, avec des manifestations symptomatiques variées, incluant des formes de troubles comportementaux sérieux. Nous les abordons dans un esprit, non de prédiction mais de prévention globale, comme le pratiquent, avec d’autres, les équipes de PMI quand elles accompagnent et soutiennent le tissage des premiers liens familiaux. Nous savons que les réponses doivent être recherchées sur différents plans : prise en charge psychique, soutien pédagogique, approche sociale, notamment. Pour cela les professionnels doivent être en nombre et formés à l’approche clinique et relationnelle du soin, chacun dans son domaine de compétence. Tous ensemble, nous avons grand besoin de psychologues intervenant dans toutes les écoles, d’assistantes sociales en primaire et maternelle, d’équipes largement renforcées et démultipliées en CMP et CMPP, ainsi que de capacités d’hospitalisation en pédopsychiatrie à la hauteur des besoins.

 

Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle et Infantile

 

 

Par Fédération des Rayons de Soleil de l'Enfance - Publié dans : La protection de l'Enfance
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 19:18

 

 

Le        Ministre délégué à la Sécurité sociale,

 

 

           aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées

 

 

                           et à la Famille

 

 

 

 

                                   Paris, le

 

 

Monsieur le Président,

 

 

La protection de l’enfance a suscité depuis plusieurs mois d’abondantes réflexions. Nombreux sont ceux qui se sont exprimés sur le sujet et fait valoir la nécessité d’améliorer l’ensemble du dispositif de protection de l’enfance.

 J’ai rencontré de nombreux acteurs de la protection de l’enfance : Présidents de conseil général, députés et sénateurs, magistrats, personnels de l’Education nationale, travailleurs sociaux, pédopsychiatres, auteurs des rapports les plus récents. Le 19 novembre dernier, j’ai rencontré une délégation de l’appel des 100, dont plusieurs de vos collègues sont signataires.

 

 J’ai été frappé par le consensus qui se dégage aujourd’hui sur la nécessité et l’urgence de rénover notre dispositif de protection de l’enfance, d’en consolider les fondements, de le clarifier et de le rendre plus pertinent.

 

 Cette rénovation nécessite d’affirmer explicitement les grands principes sur lesquels doit reposer une politique efficace de protection de l’enfance, en posant des objectifs clairs pour guider l’action de tous les acteurs et décideurs qui interviennent à un titre ou à un autre dans ce domaine. Elle doit être l’occasion de repenser notre cadre législatif mais aussi notre organisation et nos pratiques. Les services de l’Etat sont bien sûr concernés. Les départements le sont particulièrement du fait du rôle central qu’ils assurent dans la protection de l’enfance, rôle qu’il convient de bien affirmer.

  

 

Le Premier ministre m’a confié le soin de conduire le projet de rénovation de la protection de l’enfance, en liaison étroite avec le Garde des Sceaux. Il a souhaité que ce travail soit engagé sans tarder en invitant tous les décideurs et les acteurs concernés à se mobiliser pour une large réflexion. Ce débat doit être la base de la réforme. Il permettra de préparer les changements législatifs qu’il est nécessaire d’adopter avant la fin de l’année 2006, et de définir une feuille de route, à plus long terme, pour faire évoluer notre organisation et nos pratiques.

  

 

Compte tenu du rôle majeur des départements en matière de protection de l’enfance et de votre responsabilité, comme Président de conseil général, il m’a semblé légitime de vous demander d’assurer le pilotage de cette réflexion décentralisée.

 

 

Aussi, je souhaiterais recueillir les avis et témoignages fondés sur l’expérience, en particulier en réponse aux questions suivantes :

              -         Prévention : quelles actions pour prévenir la maltraitance ?

-         Le partage d’informations entre professionnels tenus au secret : quelles bonnes pratiques ?

-         L’action éducative auprès des enfants : comment mieux répondre aux besoins et à l’intérêt de l’enfant  ? quel travail auprès des parents ?

-         Pratiques et actions originales expérimentées dans le département : quels avantages, quel bilan ?

 

 

 

Il s’agit aussi d’apporter des réponses à la question plus générale des modalités de collaboration entre l’Etat et les départements en matière de protection de l’enfance.

 

 

La réflexion peut bien évidemment être ouverte sur toute autre question qui vous paraîtrait pertinente.

 La protection de l’enfance implique de nombreux intervenants. Cette réflexion devrait donc être l’occasion d’organiser, selon les modalités que vous choisirez, un débat au sein de votre département, associant les partenaires et les acteurs qui participent à la protection de l’enfance. L’objectif est d’aboutir à des recommandations concrètes, réalistes mais aussi audacieuses.

 

 

 

Le Gouvernement a demandé à l’ensemble des services concernés par la protection de l’enfance de participer à ce débat décentralisé qu’il vous revient d’organiser.

 

 

 

Je vous remercie d’avoir la gentillesse de m’indiquer la date à laquelle vous organiserez ce débat.

 

 La protection de l’enfance est un enjeu majeur pour notre société. Il s’agit de nos enfants, de la société que nous préparons. Elle concerne chacun d’entre nous, non seulement en tant qu’élu, responsable ou professionnel, mais aussi en tant que citoyen. Nous devons agir rapidement, efficacement et avec détermination pour rénover notre dispositif.

  

 

Le Gouvernement tirera les conclusions de l’ensemble des débats décentralisés à la fin du mois de février. Je vous saurais gré de bien vouloir me faire part de vos réflexions et propositions d’ici cette échéance. Je sais pouvoir compter sur votre collaboration, déterminée et constructive. Vous pouvez comptez sur mon engagement à faire aboutir cette réforme dans la plus grande concertation.

  

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes meilleurs sentiments.                                                                            

 

 

 Philippe BAS

 

 

Par Fédération des Rayons de Soleil de l'Enfance - Publié dans : La protection de l'Enfance
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 19:13

Jeunes, ban-lieues et justice 

 

 

Les événements de novembre 2005 dans de nombreux quartiers populaires ne peuvent pas avoir surpris autour des allées du pouvoir. La présidentielle de 1995 ne s’est-elle pas faite sur le thème de la fracture sociale ? N’a-t-on pas identifié de longue date la nécessité d’une politique de la ville ? Des milliards de francs hier, d’euros aujourd’hui y ont été investis.

 

 

Tout cela aurait-il été vain ? Sans doute a-t-on évité des catastrophes, mais on ne s’est pas attaqué à l’essentiel sur lequel tous les observateurs objectifs s’accordent : donner de l’espoir aux habitants de ces quartiers, notamment à leurs jeunes. L’ascenseur social bloqué, ces quartiers sont devenus des ghettos dans lesquels on est généralement prisonnier au point … de vouloir parfois en interdire l’accès à ceux qui en seraient étrangers.

 

 

En tous cas, les ratés - volontaires ou non – de cette politique sont nombreux et interpellent les professionnels du droit et de la justice. Droit au logement, droit à des revenus décents, droit à l’éducation, droit à la non-discrimination, etc. de l’affichage au réel il y a souvent un abime qui décrédibilise la République et les adultes ! On veut que la loi soit respectée par ces jeunes, mais commis par les institutions nombreux sont les accrocs restés à leurs yeux sans réaction, sinon impunis. Ainsi, alors que les charges locatives sont payées qui se soucie que les parties communes des immeubles ou les ascenseurs restent dégradés ? Et quelles sanctions réelles sont prononcées contre les maires qui n’atteignent pas le quota légal de logement social ? A juste titre on exige que les jeunes respectent les policiers et les enseignants, mais pourquoi ne pas avoir veillé avant les instructions de ces derniers jours à ce que, interpellés, souvent pour des contrôles d’identité injustifiés, ils ne soient pas tutoyés ou rudoyés ! Pourquoi la police fait-elle peur ? Pourquoi n’a-t-on pas eu le souci que le droit soit respecté par l’école : le quotidien est fait de la déscolarisation de nombreux très jeunes élèves malgré l’obligation scolaire et du non–respect du droit scolaire, des défaillances dans l’accueil des enfants porteurs de handicaps, etc.

 

 

Et que dire du racisme ambiant ? Ces cités sont au ban de la société  ! On les visite parfois comme les réserves d’indiens. Leurs habitants portent une étoile s’ils recherchent du travail. Ils sont généralement français de par la République, mais du bout des lèvres pour de nombreux acteurs de cette même République. Le racisme les renvoie au communautarisme alors même qu’ils aspirent aux valeurs républicaines. Il doit être combattu avec la plus extrême fermeté.

 

 

Les jeunes mêlés aux échauffourées de ces jours-ci ne sont pas des délinquants même s‘ils ont commis objectivement des délits. La plupart des mineurs ne sont pas connus de la police et de la justice. Les qualifier de délinquants et les traiter comme tels ne suffit pas. Leur attitude doit être mieux analysée. La plupart sont nihilistes. Ils n’ont pas de perspectives pour eux. Ils sont prisonniers de leur propre quartier qui leur offre leurs seuls repères.

 

 

*

 

 

L’ordre revenu il faudra déjà ne pas se rendormir. Le terreau inflammable demeure. D’autres étincelles peuvent venir l’embraser sachant que ces événements laisseront des traces. Si, techniquement, le recours à la législation d‘exception de 1955, ne s’imposait pas et si a fortiori on ne saurait s’y installer, il aura eu le mérite de démontrer que les pouvoirs publics admettent une situation d’une insurrection … sociale. Et on doit souhaiter qu’un pacte républicain permette de dégager des solutions à valoir sur deux ou trois décennies quelle que soit la majorité au pouvoir.

 

 

Car il faudra bien ce temps-là pour s’attaquer aux vrais problèmes : par-delà la rénovation de l’habitat et de l’espace urbain, il faut rétablir la protection parentale des enfants, garantir le droit à l’éducation, veiller à promouvoir la justice sociale.

 

 

Bien sûr nombre de parents notamment issus de l’immigration africaine et nord-africaine n’arrivent pas à exercer leur autorité sur leurs enfants. Un effort doit être fait par la République avec le relais du tissu associatif pour leur apprendre les termes de la parentalité moderne en France. Il faudra déjà trouver le ton juste pour faire cette information sachant que, comme le relève Emmanuel Todd, la famille maghrébine et africaine est en crise au contact des valeurs d’égalité à la française. Ainsi ces parents sont souvent convaincus être démunis d’autorité sur leurs enfants pour ne pas être autorisés à les frapper : ils mélangent autorité et violence comme nombre de parents bien de chez nous des années 60 ! Ils n’apprécient pas que la France patrie des droits de l’homme qui les a accueillis soit aussi celle des droits des enfants et des femmes ! Or le droit premier des enfants est bien d’avoir une famille qui les protège. Pour trop, on en est loin ! Et pour nécessaire cette démarche de mobilisation parentale ne saurait suffire quand nombre de parents sont disqualifiés par le chômage de longue durée, la maladie ou tout simplement la non-maitrise de la langue française. Une politique de soutien et d’aide aux familles s’impose plus que jamais.

 

 

Il faut encore réconcilier les plus jeunes avec l’école et les apprentissages. Certes l’école doit s’adapter à eux, mais il faut surtout que leurs parents qui attendent beaucoup de l’école de la République les motivent, tout simplement en s’intéressant à leurs efforts. Pour les plus âgés il faut un programme très concret pour accéder à du travail et à une place dans la société autre que de tenir les murs de la cité. 35 à 40% des jeunes de ces quartiers sont sans emploi. Cette situation est insupportable. L’égalité républicaine suppose aujourd’hui une discrimination active ! Que chacun accède à un revenu décent permettra de combattre l’économie parallèle comme en son temps on a éradiqué le marché noir !

 

 

Et puis, pour que ces jeunes respectent la règle il convient, non pas de la leur apprendre à travers des cours ou des stages, mais de la re-légitimer en leur montrant que la loi - parentale, scolaire ou sociale - est protectrice. Aujourd’hui elle n’est vécue que comme une somme d’interdits. Il faut donc la restaurer dans sa plénitude riche de droits d’où découlent le plus souvent des devoirs. C’est bien en les instituant comme personne individuellement et collectivement qu’on pourra attendre d’eux qu’ils respectent les autres, les biens et la République. A vif de par un profond sentiment d’injustice, ils aspirent fondamentalement à l’égalité avec les autres jeunes de France. Il faut restaurer la justice comme valeur et comme institution juste ; ils doivent retrouver confiance en la police et l’école ! Des solutions techniques s’imposent comme le retour de la police de proximité ou des mesures symboliques comme le rétablissement d’un vrai service national brassant les populations, mais cela ne saurait suffire. Il faut recréer du lien et des solidarités, redonner aussi des perspectives communes à chacun. On doit s’attaquer fermement aussi à ce qui dans certaines têtes veut que la France ne soit pas plurielle dans ses origines ! Notre pays s’est souvent payé de mots, il faut en terminer avec la ségrégation sociale. Il a tout à y gagner : éviter l’insurrection, mais surtout mobiliser l’énergie de ces jeunes qui font la France d’aujourd’hui et de demain et croient en une certaine idée de la France  ; celle promue à l’étranger, mais qu’elle foule régulièrement du pied !

 

 

La République est en danger. Elle ne peut pas se contenter de faire donner ses troupes policières, militaires, judiciaires ou sociales même en les combinant comme dans la justice des mineurs. Elle ne doit pas avaler son drapeau, mais l’incarner réellement. Le pari n’est pas perdant. Passons enfin du formel au réel !

 

 

Bobigny, le 12 novembre 2005

 

JP Rosenczveig

 

président du tribunal pour enfants de Bobigny, président de DEI-France

 

Par Fédération des Rayons de Soleil de l'Enfance - Publié dans : La protection de l'Enfance
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 12:47

Tribune libre.

Certains qualifient cette nouvelle année 2006 d’incertaine !

 Faut-il les croire ?

  Quand les associations du secteur social sont confrontées

 à une réglementation de plus en plus contraignante,

  • à des redéfinitions drastiques et non concertées de leur rôle par les institutions publiques,

  • à la division de facto par trois des crédits votés pour elles,

  •  à l’augmentation de la dérégulation,

  •  à une activité par contre très encadrée,

  •  à des difficultés de recrutement de bénévoles,

  •  à une augmentation des contentieux et des cas dans lesquels la responsabilité de l’association est engagée

  •  au devoir de repenser leurs fonctionnements (même si ce n’est pas un mal !) en enfermant les solidarités dans un carcan administratif

  •  

     

     

     

     

     

     

  • Où est l’incertitude ?

     Quand on vit dans une société (sans projet et qui ne le reconnaît pas)

     où l’impossibilité d’accéder à des ressources et à des droits divers (travail, logement, éducation, santé) permettant de vivre dignement, est devenue banale

    • où se fait jour un droit pour les pauvres et un droit pour les autres

    •  où il ne s’agit plus d’inégalités sociales « acceptables », mais où l’extrême pauvreté progresse comme le nombre des nantis dont certains voudraient transformer les victimes en coupables pour faire oublier leurs propres responsabilités

    •  où on gère maintenant la pauvreté au lieu de l’éradiquer

    •  où la solidarité n’est plus du rôle de l’Etat, mais est bradée au privé prestataire de service avec l’idée que chacun n’a qu’à se débrouiller et qu’après tout, l’inégalité, c’est naturel

    •  où l’emploi n’est plus une garantie contre la pauvreté

    •  où la protection des personnes reste principalement attachée au statut de salarié

    •  où la distribution alimentaire a augmenté de 30% en 2004

    •  où 1 million d’enfants pauvres vivent dans des familles pauvres sans que le sujet ne soit même abordé par la « conférence de la famille » 2005.

    •  où les politiques conduites aboutissent à faire peser sur chacun des plus faibles le poids d’une conjoncture néfaste et renvoient dans le non droit une partie de plus en plus importante de la population

    •  Où est l’incertitude ?

       Quand un ministre de l’intérieur peut, en ne provoquant quasiment aucune réaction, demander aux préfets de « résister aux pressions de tels ou tels collectifs associatifs ou coordinations qui ne représentent qu’eux-mêmes »

          Où est l’incertitude ?

        Y a-t-il seulement à considérer que le contexte des politiques publiques est « incertain » ? A dire qu’il faut observer les réalités… ?

       Ou à dire que cette situation est certainement inacceptable et qu’il est temps de promouvoir la force du collectif et de la fraternité (notamment interassociative).

       A témoigner de l’existence d’initiatives de proximité, d’entraides, à appeler les associations à se mobiliser et à rassembler pour créer un plus vaste mouvement de soutien et de solidarité, notamment au sein de nos Fédérations.

       A dire aussi que si le « libéralisme dominant » désigne bien le capitalisme financier essayant de conquérir le monde depuis 80 en s’en prenant partout aux biens et services publics, aux fonctions collectives et maintenant à la plupart des financements associatifs et en transformant tout en marchandises, alors il n’est pas incertain qu’il soit compatible avec des valeurs de développement durable à long terme, avec les biens publics, avec l’intérêt général et la solidarité.

       Il est plutôt certain qu’il ne l’est pas !

        Et si l’avenir n’est pas incertain, il faut, avec vous et pour vous, formuler le vœu, même utopiste, que cette « nouvelle année » soit prélude à des changements et que des espérances d’amélioration, soient perspectives d’un monde meilleur où il fasse bon vivre pour enfants et familles.

       Qu’une meilleure année nous conduise à une société nouvelle et à « une soif d’absolu que ne saurait étancher le consumérisme moderne ».

       Libre propos. Jean-Marie Carlier 2005.

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

     

     

     

 

 

 

 

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